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Voici quelques jours, nous étions le 6 juin.

Chaque 6 juin, je retrouve mémoire des êtres qui s'arrêtèrent de vivre pour que nous puissions nous-mêmes continuer à le faire.

Je couvre le mur de mes rêves d'affiches rouges, et remercie Maurice Druon d'avoir co-écrit le Chant des partisans.

En 1944, la Bretagne, cette entité historique si susceptible, fut libérée, en partie par elle-même. Par ses propres forces résistantes. Le plus souvent des femmes et des hommes de condition modeste, dont le courage et la témérité furent salués par les professionnels du feu eux-mêmes.

En décembre dernier, j'ai assisté à l'enterrement d'un oncle qui avait lui-même survécu à la dénonciation de son groupe de franc-tireurs par un homme sans doute jaloux de leur jeunesse. Il avait ensuite combattu sur le front de Lorient, en 1944. Les américains, soucieux d'économiser la vie de leurs soldats, envoyaient les gars du maquis en première ligne.
L'oncle n'était pas disert sur cette période. Je regrette de ne pas l'avoir interrogé, dans ses dernières années, sur cette époque convulsive où l'on pouvait basculer, en quelques instants, des vicissitudes du quotidien à l'horreur absolue.

Quelques décennies plus tard, sous ces mêmes cieux, la nature semble avoir tout oublié.

Les insurgés d'aujourd'hui se regroupent sur quelques places historiques, dans quelques grandes villes. On les taxe d'utopistes, que le monde a changé, qu'on ne peut être tous excellents...

J'engage une nouvelle cartouche d'encre dans la culasse de mon stylo et me planque sous la table pour écouter "radio Madrid".