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Jorge Semprun est mort.

J'en éprouve un grand sentiment de vide.

Le XXème siècle et ses tourments que, si longtemps, on espérait prometteurs, vont entrer - définitivement - en territoire des ombres.

Je l'avais longtemps crû rangé des automitrailleuses. Ecœuré de tout ce que la dialectique lui avait fait subir en si peu de décennies.

Je me trompais.

On devrait avoir tout le temps à l'esprit, qu'aucun homme n'est unidimensionnel et que la vie n'est qu'un inventaire de contradictions.

Aujourd'hui comme hier, les doctrinaires tiennent le pavé. Mais d'autres Semprun grandissent, c'est certain, entre deux raids démocratiques sur Tripoli et un discours de Cohn-Bendit sur le caractère révolutionnaire du concombre.