Est-ce trop quémander?
Par Alain le lundi, 2 mai 2011, - Lien permanent

Qui n'a pas d'imagination n'a pas d'ailes.
Mohammed Ali
Mouamar Khadafi n'est plus le révolutionnaire qu'il a sans doute été, au meilleur de sa vie.
Mais ce n'est pas la raison pour laquelle les forces coalisées de la modernité passéiste de l'Occident, cherche à l'enterrer vif ou mort, grâce aux missiles, qu'un temps, ils lui ont vendu pour maintenir la paix civile dans les sables.
Vieillir a rarement été glorieux et côtoyer les cimes du pouvoir depuis un demi-siècle, lorsque celui-ci n'est, depuis longtemps, plus contrôlé que par une oligarchie d'affairistes ou un parterre d'officiers supérieurs, ne doit pas aider à garder au rang de ses préoccupations majeures, des notions comme le bien général ou l'émancipation des peuples.
Cela est simple a reconnaître. Mais le meurtre à distance, programmé dans les bureaux de verre des cénacles du pouvoir américano-européen n'est pas moins condamnable ni moins sale. Nos penseurs du prime time, auront beau jeu d'encourager le feu d'une organisation comme l'Otan, - survivance de la guerre froide -, la démocratie, ou prétendue telle, n'avance, réellement, que lorsque les peuples s'arment, eux mêmes, des idées qui leur sont nécessaires, et les mettent à l'épreuve de leur volonté.
Hier, j'étais en congé dans une commune de ce Finistère que ma mémoire entretient comme une rente et que mon ministre des cultes porte au pinacle chaque fois qu'il en est besoin. Là-bas également, la force technologique et tactique stationne sur plusieurs places fortes et je suis revenu convenablement irradié de ce séjour à la campagne, à la fois par les radiations des militaires (l'Ile-Longue) et par celles de leurs complices du civil (Brennilis). Le tout étant une question de dosage, je peux encore écrire mes billets sans cracher sur l'écran de l'ordinateur, une substance grise et visqueuse.
L'histoire m'a, à nouveau, rattrapé, en dépit de mes efforts pour échapper à son vacarme, le temps de quelques jours, à ne parler qu'au ciel et à remercier les fleurs pour leur insolente beauté.
Les scandales d'affaire, la justesse judiciaire, la solidité de nos institutions... La proximité d'un scrutin que tant de gens redoute. La chronique sociale des cousins cousines qui veulent rester au pays... Çà leur demande de plus en plus d'efforts. Coincés qu'ils sont, entre les vieux qui les regardent de travers, voire ne les regardent même plus, et leurs enfants qui voudraient prendre la mer, et disparaître, à jamais, dans l'atoll des vanités.
Impossible de se soustraire à la terrible brutalité et à l'odieuse vulgarité des temps. La philosophie du chacun à sa place. Pareille à dix choristes se disputant la même partition.
Pousse toi!
Je chante plus fort que toi!
Je veux être près du chef de corps! Pousse toi!
Le fascisme campe à nos portes, aidé par cent mille vaguemestres, qui préfèrent l'enfer au front populaire.
Je vais lancer bientôt un appel à résister. En quelques centaines de milliers d'exemplaires. Il aura la brièveté d'un Scud et la tendresse d'un poème de Max Jacob. N'attendons pas d'avoir l'âge et la souplesse d'un Stéphane Hessel pour donner un bon coup aux arrogantes certitudes de l'Ennemi.


Commentaires
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